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Ayants droit :
Représentés par Thierry Spitzer
Thierry Spitzer est le président du Comité Jean-Michel Frank, crée à l'initiative de la famille de l'artiste, qui s'est donné pour mission de défendre et promouvoir l'œuvre du décorateur.
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Biographie :
Né le 28 février 1895 à Paris, Jean-Michel Frank est le troisième fils de Léon Frank, banquier, et de Nanette Loewi, fille d'un rabbin de Philadelphie. La Première Guerre mondiale plonge la famille dans le drame. De nationalité allemande, les parents de Jean-Michel Frank sont assignés à domicile tandis que leurs deux fils aînés, nés Français comme Jean-Michel, partent pour le front. En 1915, les deux frères meurent au combat, le père se suicide.
Dès 1918, il est l'intime de Pierre Drieu La Rochelle et de Louis Aragon. Pour eux, Frank s'improvise décorateur. En 1921, il décore la garçonnière de Drieu La Rochelle, qu'il vide, ne laissant que des murs blancs, quelques meubles et un vase cubique en verre, objet déniché chez un électricien.
L'imprimeur et fondateur de l'UAM Charles Peignot, l'éditrice anglaise Nancy Cunard sont conquis par son esthétique ascétique et lui laissent le soin de leur composer des intérieurs dépouillés aux meubles presque absents.
Rapidement, il met au point avec l'aide de l'ébéniste Adolphe Chanaux des gammes de meubles et de luminaires adoptant des formes minimales pour ne pas dire schématiques. Indifférent aux usages et aux traditions de l'ébénisterie, Frank introduit des matières jusqu'alors inédites dans la réalisation de meubles, gypse, terre cuite, mica, graphite, galuchat, paille, parchemin, et d'une grande originalité dans leur façonnage, comme le chêne sablé ou arraché.
En 1926, la réalisation pour les Noailles d'un fumoir aux murs gainés de parchemin et d'un boudoir en marqueterie de paille révèle Frank au Tout-Paris et fait de lui le décorateur le plus recherché.
En 1930, Jean-Michel Frank devient un véritable professionnel de la décoration, nommé directeur artistique de la société Chanaux & Cie. C'est à partir de cette époque que le décorateur réunit autour de lui des talents à qui il avait déjà commandé quelques créations. C'est ainsi que, pendant dix ans, Alberto Giacometti, Paul Rodocanachi, Jean Hugo, Emilio Terry et Christian Bérard vont créer meubles et objets pour Frank. Avec eux, le style de Frank se tempère et voit apparaître les couleurs azuréennes de Bérard, des meubles jouant avec les références néoclassiques, baroques ou Napoléon III, des matériaux plus classiques comme l'ivoire, l'ébène et l'acajou.
Le succès est immédiat : des décorateurs venus du monde entier, anglais, américains, brésiliens et argentins, lui achètent en nombre sa production. Les commandes des milliardaires argentins et américains, Jorge Born et Nelson Rockefeller, consacrent sa carrière internationale.
C'est encore la guerre qui bouleverse le destin de Frank. En septembre 1939, les ateliers Chanaux ferment définitivement leurs portes. En juillet 1940, il quitte la France et gagne l'Argentine. Là-bas, il reprend ses activités de décorateur et enregistre des commandes d'importance. Mais, au cours d'un séjour à New York, le 8 mars 1941, Jean-Michel Frank, pris de désespoir, se donne la mort, mettant un terme à une brillante carrière.
Ayants droit :
Représentés par la Fondation Alberto et Annette Giacometti (Olivier Le Grand, président ; Véronique Wiesinger, directrice), reconnue d'utilité publique, institution privée créée par décret gouvernemental en décembre 2003. Elle détient la majorité des droits d'Alberto Giacometti.
Les autres ayants droit sont la Alberto Giacometti-Stiftung de Zurich et la famille de Silvio Berthoud.
Les ayants droit ont formé ensemble en 2004 le Comité Giacometti pour authentifier les oeuvres et délivrer les autorisations de reproduction.
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Biographie :
Alberto Giacometti naît en octobre 1901 à Borgonovo (Stampa) en Suisse dans un milieu familial artistique. Son père est un peintre post-impressionniste reconnu qui lui fait partager très tôt l’espace de son atelier et ses réflexions sur l’art.
Après quelques années d’apprentissage artistique à Genève et Rome, il arrive en 1922 à Paris pour étudier la sculpture avec Antoine Bourdelle. C’est là qu’il entrera en 1929 en contact avec Jean Cocteau, les Noailles et André Masson, qui vont l'introduire dans les milieux surréalistes. On connaît la carrière de peintre, de sculpteur, de dessinateur, de graveur d’Alberto Giacometti, mais il s’intéresse aussi à l’objet d’art utilitaire qu’il conçoit parallèlement à sa création d’objets et de bas-reliefs surréalistes. En 1930, il commence à travailler avec les décorateurs Frances Elkins et Desny.
Décors et objets servent de terrain d’expérimentation pour la sculpture de Giacometti. Sa rencontre avec le décorateur Jean-Michel Frank en 1930 est déterminante. Giacometti conçoit de nombreux éléments de mobilier aux lignes épurées: luminaires, vases, bougeoirs, cheminées, qui sont diffusés par la boutique ouverte par l’ensemblier en mars 1935, un mois après l’éviction de Giacometti du groupe surréaliste. L’inventivité de Giacometti est sans bornes dans le domaine des arts décoratifs entre 1933 et 1939. Le succès de ces objets est tel qu’il s’attache son frère Diego comme assistant à partir de 1931. Alberto Giacometti est aussi appelé pour réaliser des commandes de décors muraux dans des demeures particulières (Charles Templeton Crocker, Lise Deharme, baron Roland de l’Espée…). Il crée également des projets pour le théâtre et dessine même des modèles de boutons et de broches à la demande de Schiaparelli.
Pendant la guerre, la société de Jean-Michel Frank est rayée du registre du commerce. Giacometti qui s’est retiré en Suisse interrompt sa création d’objets d’art jusqu’à son retour à Paris fin 1945.
En 1948, Pierre Matisse, le marchand d’Alberto Giacometti aux Etats-Unis depuis 1936, lui propose de commercialiser les éditions de modèles d’objets créés dans les années 30. À la même époque, le décorateur Jacques Adnet, de la Compagnie des Arts Français, diffuse aussi certains de ces modèles pour meubler ses intérieurs. Pour Adnet, Giacometti crée un jeu d’échecs. Son frère Diego l’assiste toujours dans les aspects techniques de la fabrication des objets d’art décoratif et à partir du milieu des années 50, Alberto lui confie l’édition de certains objets.
Après-guerre, Alberto Giacometti concentre sa création d’objets sur des commandes particulières et souvent uniques pour des amis, collectionneurs, bibliophiles… il crée ainsi des suspensions ou des meubles pour Tériade, Pierre Matisse ou encore Aimé Maeght. Pour ce dernier, il crée des projets de foulards dont l’un sera édité en 1960. En 1962, la participation d’Alberto Giacometti à l’exposition « Antagonisme 2. L’objet », au musée des Arts Décoratifs de Paris confirme l’intérêt toujours porté par l’artiste à la création d’objets utilitaires.
Giacometti décède à 64 ans, en janvier 1966 à l’hôpital de Coire, miné par une santé trop longtemps négligée.
Ayants droit :
Représentés par la Fondation Le Corbusier (Jean-Pierre Duport, président ; Michel Richard, directeur)
Reconnue d'utilité publique par un décret du 31 juillet 1968, la Fondation est légataire universel de Le Corbusier pour l'intégralité de son oeuvre.
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Biographie :
Architecte, urbaniste, designer, peintre et écrivain suisse, naturalisé français, Charles-Édouard Jeanneret-Gris, dit Le Corbusier, naît à La Chaux-de-Fonds le 6 octobre 1887.
Il étudie l'art appliqué dans sa ville natale auprès du peintre Charles L'Eplattenier et construit pour la bourgeoisie locale (Villa Fallet, 1905), avant de compléter sa formation par des voyages en Europe. Il découvre les architectes viennois, puis Auguste Perret, Tony Garnier, Peter Behrens.
Au cours du Voyage d'Orient, il s'enthousiasme pour les constructions et les paysages méditerranéens.
À Paris, attiré par la peinture, il fonde avec Amédée Ozenfant le purisme (1918), critique du cubisme et retour au dessin rigoureux de l'objet.
Éditeur de la revue d'esthétique L'Esprit nouveau, il jette les bases théoriques de sa conception de l'architecture et de l'urbanisme modernes. Les célèbres villas blanches (à Vaucresson, Paris, Boulogne, Garches, Poissy, 1922-1929), la Villa «Le Lac» pour ses parents à Corseaux (Vevey, 1923), les Quartiers modernes Frugès à Pessac (Bordeaux, 1924), une participation à l'expérience de la cité du Weissenhof (Stuttgart, 1927) l'amènent à formuler les «cinq points» pour une architecture nouvelle : pilotis, toit-jardin, plan libre, fenêtre en longueur, façade libre.
Animateur de la réflexion des C.I.A.M. (Congrès internationaux d'architecture moderne, 1928-1956), il participe à l'énoncé des principes à respecter dans l'aménagement des villes.
Pour résoudre les problèmes de la densification des villes, il préconise une solution d'habitat en hauteur dans la verdure : les «unités d'habitation» (Marseille, 1945 ; Nantes-Rezé, 1952, Firminy, Briey-en-Forêt, 1956, ...). Dès les années trente, il réalise de nombreuses études d'urbanisme (Moscou, Alger, Montevideo, Sao Paulo, Buenos Aires, Rio de Janeiro, Barcelone, Anvers, Genève, Stockholm...).
Ses constructions d'après-guerre, traitées à l'aide du Modulor (1945), se signalent par leur forte expressivité plastique jointe à un usage éloquent du béton (chapelle Notre-Dame du Haut à Ronchamp, 1950 ; le Capitole à Chandigarh, ville dont il trace le plan en 1951 ; couvent de La Tourette à Éveux, 1953 ; villas Shodhan et Sarabhai, Palais des Filateurs à Ahmedabad, 1951 ; Centre des arts visuels de l'université de Harvard à Cambridge, 1961 ; musée national d'Art occidental à Tokyo, 1957).
Chef de file du Mouvement moderne, il s'est également assuré une audience internationale avec ses écrits : Vers une architecture (1923), Urbanisme (1925), L'art décoratif d'aujourd'hui (1925), La Peinture moderne (1925), Une maison, un palais (1928), Précisisons (1930), La Ville radieuse (1935), Quand les cathédrales étaient blanches (1937), La Charte d'Athènes (1943), Les Trois Établissements humains (1945), Le Modulor (1950), Poésie sur Alger (1950), L'Atelier de la recherche patiente (1960).
C'est aussi un plasticien qui laisse une très importante œuvre picturale (près de 500 numéros), une quarantaine de sculptures, de nombreux dessins, des lithographies, plus de vingt tapisseries. Dès ses premiers chantiers à la Chaux-de-Fonds, jusqu'à ses dernières réalisations, il dessine des meubles, des lampes et tous les accessoires liés à l'équipement de la maison.
Il créera avec Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand la collection des meubles à structure métallique et en cuir dont les modèles les plus célèbres sont le fauteuil Grand Confort (LC2 et LC3) et la Chaise Longue (LC4).
En vacances dans son Cabanon, Le Corbusier meurt, lors d'une baignade, à Roquebrune-Cap-Martin le 27 août 1965.
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Représentés par Pernette Perriand-Barsac (fille de Charlotte Perriand), accompagnée de Jacques Barsac.
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Biographie :
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Ayants droit :
Représentés par Madame de la Tour d’Auvergne.
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Biographie :
Né le 13 septembre 1890 à Paris, issu d’une ancienne et riche famille cubaine d’origine irlandaise, il passe son enfance avec ses frères et sœurs entre la propriété familiale, le Château de Chenonceau, Paris et Cuba.
Son milieu familial et son entourage ont encouragé très tôt son inclination pour le dessin et l’architecture, ainsi à 14 ans, ses parents lui offrent de faire décorer sa chambre par Jansen, selon son propre goût (première expérience de décoration).
Autodidacte et grand voyageur, il fréquente assidûment la Bibliothèque des Arts Décoratifs poussé par sa soif d’apprendre et sa grande curiosité. Ses maîtres à penser seront tout naturellement les grands architectes du passé : Bramante, Vitruve, Palladio et Ledoux. Cette recherche l’amène à se constituer sa propre bibliothèque qui deviendra un des modèles du genre.
En 1920, il construit sa première maison d’inspiration « Palladienne » à Lutry en Suisse avec la collaboration de l’architecte Jack Cornaz. Au même moment, il commence la décoration de son appartement de la place du Palais Bourbon, ancienne demeure de Boni de Castellane, beau-frère de sa sœur Nathalie. Les Castellane dont le raffinement et l’esprit brillant dominent la haute société, influenceront Emilio par leur élégance.
En 1928, débute sa collaboration avec Jean-Michel Frank pour lequel il dessine des meubles avec d’autres artistes tels que Bérard, Alberto Giacometti, Chanaux avec lesquels il restera lié. Il est un familier de la vie artistique de Paris, Christian Bérard et Dali feront son portrait. Pour la première fois, Emilio Terry expose ses maquettes et dessins d’architecture fantastique chez Jacques Bonjean. Cette même année, Gilbert de Crances lui commande la réalisation d’une maison de style néoclassique à Boulogne ; Edward James, mécène des ballets 33, lui demande un décor pour « les Valses de Beethoven » et la revue « Formes » le sollicite pour écrire un article sur l’architecture.
1934 est l’année de sa première exposition personnelle à New York, suivie d’une autre dans le cadre «Fantastic Art, Dada and Surrealism», mouvement qui influencera ses dessins d’architecture onirique. Edouard Bourdet fait appel à lui ainsi qu’à Jean-Michel Frank pour le décor de sa pièce «Les Temps difficiles».
En 1938, il réalise le Mémorial de la poétesse Anna de Noailles à Amphion, près d’Evian. Avec son ami Charles de Bestegui commence une longue collaboration autour du Château de Groussay, collaboration qui prendra fin avec sa mort. Il y réalisa les Pavillons d’entrée, la transformation du Château et les fabriques du Parc. Avec l’architecte Louis Süe, il se voit aussi confier la décoration de la boutique d’Helena Rubinstein, rue du Faubourg Saint Honoré.
En 1948, le Musée National d’Art Moderne lui consacre une rétrospective de meubles, maquettes et dessins. Cinq ans plus tard, il dessine pour la Princesse de Polignac, fille de Mme Lanvin, la bibliothèque de la rue Barbet de Jouy.
L’armateur Stavros Niarchos l’engage en 1960 pour la restauration et la décoration intérieure de son Hôtel Tallien-Chanaleilles, chantier privé le plus important de l’époque. Monsieur Marcel Nahmias lui demande de construire sa maison, de la décorer et de dessiner le jardin. Grand admirateur d’Emilio Terry, il réalisera à compte d’auteur le premier recueil de ses nombreux projets.
Emilio Terry décède le 11 décembre 1969 chez lui, place du Palais Bourbon, léguant ses maquettes et de nombreuses œuvres au Musée des Art Décoratif de Paris.
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Fondation André Arbus, créée sous l'égide de la Fondation de France par Madeleine Thorel-Arbus. En tant que légataire universelle, la Fondation Arbus est détentrice du droit moral de l'artiste.
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Biographie :
« La vie et l’œuvre d’André Arbus (1903-1969), écrit Yvonne Brunhammer, sont l’histoire d’une fidélité à la tradition française et d’une quête “d’unité dans la vie artistique” de son époque. » Le retour à la tradition, prôné dans son article sur le mobilier, ouvre en 1935 une voie nouvelle entre l’ébénisterie traditionnelle défendue par Ruhlmann et l’« équipement » standardisé de Le Corbusier.
Fournisseur attitré du Mobilier national dans l’immédiat après-guerre, il crée des meubles, des tapis, des luminaires pour l’Élysée, le château de Rambouillet, les ministères et les ambassades. Cet humaniste témoigne d’un registre créateur très étendu.
Ordonnateur de prestigieux paquebots, architecte d’« Une maison de la famille française » à l’Exposition de 1937, des mas du pays de Crau ou de monuments maritimes comme le phare du Planier, il se consacre à partir des années 50 à la sculpture, ouvrant son classicisme maîtrisé sur une vision de l’homme émouvante.
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Jean Manusardi, fils d’Elisabeth Mallet, est le neveu de Robert Mallet-Stevens et l’unique descendant de la famille Mallet. Ayant tissé des relations profondément affectueuses et éclairées avec Mallet-Stevens, il en sera le légataire universel.
Ses enfants, Kristina et Jean-Marc Manusardi, constituent la suite de cette succession. La première, comédienne et écrivain, vit à Lyon. Le second, membre de l’AADADD, a créé la société “Studio Mallet-Stevens” qui, outre la défense et la promotion de l’œuvre de l’architecte, a pour objet la commercialisation de mobilier et d’objets contemporains inspirés de la philosophie et de la vision du designer.
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Biographie :
Robert Mallet-Stevens naît à Paris le 24 mars 1886. Il est le fils de Maurice Mallet, expert en tableaux et marchand d'art, et de Juliette Stevens, nièce du portraitiste belge Alfred Stevens.
Il grandit dans une famille bourgeoise de cinq frères et sœur, héritant de son père une réelle sensibilité artistique, assez précocement canalisée par un esprit rationnel et précis. Il entreprend ses études d'architecture de 1904 à 1909, partageant son temps entre l'observation des courants émergents (les réalisations du Deutscher Werkbund, le style défendu par F.L. Wright, le sécessionisme viennois...) et la fréquentation du Palais Stoclet (sa cousine Suzanne Stevens a épousé l’homme d’affaires Adolphe Stoclet), construit et achevé à Bruxelles en 1911 par Josef Hoffman, un des maîtres du Bauhaus.
Cette demeure, exceptionnelle à tout point de vue, va profondément marquer le style de Mallet-Stevens puisqu’elle abandonne les critères du classicisme architectural et décoratif au profit d’une vision déjà plus fonctionnelle de l’habitat et du mobilier. Cette influence se verra assez nettement dans son recueil de planches “La Cité Moderne”, édité en 1922. Il s’engage dans l’aviation pendant le premier conflit mondial et commence véritablement sa carrière d’architecte dans les années 20. Les projets succèdent aux réalisations, conduisant Mallet-Stevens à épurer son style au fur et à mesure que progressent les techniques de construction (ciment et béton armé), libérant les volumes et les possibilité de structures autoportantes. Immeubles de rapport, usine, boutiques, villas, équipements publics : l’architecte s’essaie à de nombreux exercices qui lui font toucher du doigt l’évidente nécessité d’harmoniser le contenu et le contenant.
Parallèlement, intéressé par les techniques du cinéma, Robert Mallet-Stevens concevera – entre 1919 et 1929 – des décors avant-gardistes, notamment pour Marcel L’Herbier, réalisateur de “L’inhumaine”. Il construit, sur commande du vicomte de Noailles, une villa d’été à Hyères (Var) dans laquelle Man Ray tournera “Les mystères du château de Dé”.
En 1927, il bâtit la rue Mallet-Stevens, collection de villas et d’ateliers représentant un authentique manifeste architectural. Deux ans plus tard, il co-fonde l’Union des Artistes Modernes (UAM), qu’il présidera longtemps. Des talents complémentaires (parmi eux, le maître-verrier Barillet, les sculpteurs Jan et Joël Martel, des tisseurs et tapissiers comme Burkhalter ou Hélène Henry, de nombreux architectes comme Chareau, Jeanneret, Le Corbusier et des concepteurs de mobilier tels que Jourdain, Herbst ou Charlotte Perriand) vont s’y retrouver pour donner vie au “style moderne” que des valeurs comme l’équilibre, la pureté et le fonctionnel rassemblent dans une même recherche esthétique. En 1935, Mallet-Stevens devient directeur de l’École des Beaux-Arts de Lille.
D’autres œuvres marqueront sa carrière, comme la villa Cavrois à Croix (Nord) dont il conçoit le parc et dessine le mobilier, ou certains des pavillons de l’Exposition de 1937.
Il décède lors d’une opération le 8 février 1945.