En novembre 2008, la presse s’est fait l’écho d’une colossale affaire de faux dans le milieu des arts décoratifs et du design des années 50. Du faux mobilier de Charlotte Perriand, Jean Prouvé, Alexandre Noll et Pierre Chareau a ainsi été produit pendant près de 8 ans.
Les services inter-régionaux de la police judiciaire de Bordeaux ont réussi à identifier un trafic bien organisé qui a débuté dès 2001, en région parisienne. L’initiateur de ce commerce est le peintre copiste Christian Duran qui pour la réalisation des faux, a recruté un ébéniste ukrainien sans papiers au moment des faits. En 2006, après le décès du peintre, des membres de la famille Duran ont pris le relais à la tête du trafic et la production s’est déplacée en Gironde.
Dans cette affaire, six personnes ont été interpellées pour contrefaçons, association de malfaiteurs, escroquerie et recel de contrefaçons en bande organisée. Environ soixante objets contrefaits ont été retrouvés aux domiciles des suspects. Le quotidien Le Monde rapporte qu’entre 2005 et 2008 « le trafic a généré 1.125.000 euros de bénéfices » pour les malfaiteurs.
Face à des faux réalisés avec un certain brio, l’œil exercé peut se laisser berner : tout le problème est d’arriver à évaluer le degré des complicités et des pressions qui ont pu se jouer sur le marché de l’art.
Pour en savoir plus, se reporter à :
L’article de Stéphane Foltier paru le 29 novembre 2008 sur le site www.bordeauxactu.com
L’article de Clarisse Fabre, publié dans Le Monde du 30 novembre 2008
L’article de Roxana Azimi et Armelle Malvoisin, paru dans Le Journal des Arts n°293 du 12 décembre 2008
L’article de Thomas Heng dans Ouest France Pays de la Loire du 2 juillet 2009